Placements et fortune
Élections de mi-mandat 2026: les implications pour les investisseurs
Le 3 novembre prochain, les électeurs aux États-Unis décideront de la prochaine majorité au Congrès, lors des élections de mi-mandat. Le parti du président en exercice perd souvent la majorité dans l’une des Chambres, ce qui peut limiter la capacité d’action politique du gouvernement. Précisons qu’un gouvernement divisé n’a rien d’inhabituel aux États-Unis et qu’il n’est pas nécessairement défavorable à l’économie ou aux marchés financiers.
Les démocrates en passe de remporter la majorité?
Le contexte actuel semble indiquer qu’une majorité des électeurs aspire au changement. Les sondages ne sont guère favorables à Donald Trump, comme le montre notamment sa cote de popularité – un indicateur qui mesure la popularité politique et le taux d’approbation des actions du président en exercice auprès de la population – qui n’a jamais été aussi basse. À l’heure actuelle, seuls 38% de la population approuvent la manière dont Donald Trump s’acquitte de ses fonctions de président. En outre, les républicains sont de plus en plus sur la défensive, en raison de la hausse du coût de la vie et de l’impopularité de la guerre en Iran.
La cote de popularité de Donald Trump au plus bas
Selon de derniers sondages, les démocrates pourraient regagner la majorité à la Chambre des représentants, ce qui compliquerait le travail du gouvernement de Donald Trump et pourrait conduire à une paralysie politique («gridlock»). Il n’y a en effet que peu de domaines dans lesquels les deux partis sont prêts à faire des compromis. À l’heure actuelle, notre scénario de base prévoit une victoire des démocrates à la Chambre des représentants et des républicains au Sénat. Nous estimons que ce scénario a 70% de chances de se réaliser.
Un deuxième scénario, probable à 20% seulement, serait celui d’un raz-de-marée démocrate («democratic sweep»), dans lequel les démocrates prendraient la majorité à la fois à la Chambre des représentants et au Sénat. Le droit de veto de Donald Trump rendrait alors difficile l’adoption des projets de loi démocrates, tandis que la marge de manœuvre du président s’en trouverait elle aussi limitée.
Le troisième scénario, qui a une probabilité de 10%, correspond au statu quo. Les républicains conserveraient la majorité dans les deux Chambres, ce qui permettrait à l’administration Trump de continuer à faire avancer son programme sans rencontrer de résistance notable de la part du Congrès, par exemple en matière de politique fiscale, migratoire ou économique.
Les élections de mi-mandat, le moteur des marchés?
Le marché d’actions américain entre désormais dans la phase la plus dynamique du cycle présidentiel de quatre ans. Les cours des actions américaines enregistrent généralement leur plus forte progression durant l’année précédant les élections présidentielles, avec une hausse de 18,1% en moyenne. C’est entre octobre de l’année des élections de mi-mandat et juillet de l’année précédant les élections présidentielles que les cours connaissent l’augmentation la plus marquée.
Mais les tendances passées ne garantissent en rien l’avenir. En 2026, d’autres sujets ont jusqu’à présent retenu l’attention des investisseurs: le conflit en Iran, le boom de l’intelligence artificielle (IA), la persistance de l’inflation, la politique monétaire des banques centrales. Si les actions américaines suivaient encore à peu près la tendance d’une année d’élections de mi-mandat en janvier et février, elles s’en sont ensuite écartées: le repli consécutif à la guerre en Iran a été suivi d’un rebond, porté par le secteur technologique.
Reste à savoir si la forte progression observée d’ordinaire entre octobre et juillet se produira également au cours de ce cycle. Pour les investisseurs orientés sur le long terme, cela pourrait constituer un point d’entrée intéressant. Il est toutefois essentiel de ne pas prendre en compte uniquement les tendances historiques, mais aussi le contexte du moment.
Écart par rapport à la moyenne historique
«It’s policy, not politics»
Un gouvernement divisé, tel que nous l’envisageons dans notre scénario de base, est la configuration politique la plus courante aux États-Unis et n’est pas nécessairement défavorable à l’économie et aux marchés financiers. Depuis la Seconde Guerre mondiale, l’économie américaine a enregistré une croissance annuelle moyenne de 3,1%, alors que les rendements du marché d’actions se situaient aux alentours de 13%. Cela montre que les investisseurs devraient davantage fonder leurs décisions sur leur analyse des marchés financiers et, surtout, sur leurs objectifs de placement, plutôt que sur leur perception de la situation politique. En définitive, ce sont l’environnement économique et la politique monétaire («policy»), et non la politique au sens large («politics»), qui influencent le plus les marchés financiers.
Le cycle conjoncturel mondial devrait de nouveau jouer un rôle plus important après les élections. De plus, la croissance économique robuste aux États-Unis, l’absence de récession à l’échelle internationale et l’essor de l’IA restent, selon nous, des ressorts positifs pour les marchés boursiers. Les incertitudes liées à l’évolution de la situation au Moyen-Orient et à la politique douanière américaine pourraient entraîner un regain de volatilité à court terme. Dans l’ensemble, nous nous attendons à une progression significative des marchés d’actions en 2026.
«Les élections devraient être particulièrement animées.»
Les investisseurs devraient veiller à garder la tête froide et à s’abstenir de toute décision de placement impulsive, étant donné le contexte politique américain.
Comment les investisseurs devraient-ils se positionner?
Au vu du contexte politique actuel aux États-Unis, les élections de mi-mandat devraient donner lieu à une campagne particulièrement animée. Les investisseurs devraient veiller à ne pas prendre leurs décisions d’investissement sous le coup de l’émotion.
Si les marchés boursiers ont tendance à fluctuer davantage à l’approche des élections, ils évoluent généralement de manière positive une fois les incertitudes dissipées. Dans l’ensemble, nous recommandons aux investisseurs de conserver leur exposition aux marchés d’actions et de veiller à diversifier leurs placements.
Ceux qui souhaitent malgré tout positionner leur portefeuille plus précisément en fonction du résultat des élections de mi-mandat peuvent le faire en privilégiant certains segments. Dans notre scénario de base d’un gouvernement divisé, il peut être intéressant de miser sur les actions de qualité, compte tenu de leur profil plus défensif.
À l’inverse, si les républicains l’emportent, il conviendrait de se tourner davantage vers les secteurs soutenus par le programme politique de Donald Trump, c’est-à-dire notamment les secteurs de l’énergie traditionnelle, des valeurs financières et de la défense. De notre point de vue, l’agenda économique du président américain est de nature expansionniste sur le plan budgétaire et tend à être inflationniste.
Indépendamment de l’issue des élections, les valeurs technologiques devraient continuer à bénéficier des investissements structurels liés à l’IA. L’essentiel est de replacer les événements politiques dans le contexte plus large de l’économie et de la politique monétaire, et de ne pas prendre des décisions de placement uniquement en fonction de l’issue des élections.
Remarque: les placements thématiques présentent, certes, des opportunités de croissance intéressantes, mais ils sont axés sur certains segments en particulier, ce qui les rend volatiles. Ces risques peuvent être nettement réduits grâce à des fonds et des ETF largement diversifiés.
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Sources mentionnées
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