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« Les placements à caractère durable sont au moins aussi rentables que les placements traditionnels. »

Qu’en est-il de la performance des placements durables ? Peuvent-ils rivaliser avec les solutions de placement traditionnelles ? La réponse est « oui » ! Sabine Döbeli, CEO de Swiss Sustainable Finance, bat en brèche divers préjugés, notamment en matière de performance.

Madame Döbeli, on entend souvent dire que les placements à caractère durable sont moins rentables que les placements traditionnels. Est-ce le cas ?

Cette opinion reste en partie largement répandue, mais c’est faux : les placements à caractère durable sont au moins aussi rentables que les placements traditionnels. C’est ce que révèlent diverses études universitaires effectuées au cours des 25 dernières années. Dans le secteur des placements à caractère durable, il y a bien entendu aussi des gestionnaires de portefeuille qui sont moins performants que d’autres, mais c’est le cas pour tous les types de placement.

Pourtant, les placements à caractère durable sont souvent considérés comme moins rentables. Pourquoi ?

Les premiers placements à caractère durable ont été effectués il y a plus de 20 ans. À l’époque, il s’agissait surtout de placements thématiques, mais le succès n’a pas toujours été au rendez-vous. Dans le cas des énergies renouvelables, par exemple, une bulle des prix s’était formée. Et lorsqu’elle a éclaté, tous les produits de placement liés à cette branche ont affiché des performances catastrophiques. Cet épisode a marqué les esprits.

« Les critères d’exclusion sont en partie considérés comme très restrictifs. »

Une autre raison réside dans les critères d’exclusion : dans les placements à caractère durable, les pratiques commerciales et les secteurs d’activités sujets à controverse sont exclus. Cette exclusion est en partie considérée comme très restrictive dans la mesure où elle réduit l’univers de placement, c’est-à-dire le choix de titres disponibles pour la construction du portefeuille. Certains titres issus de branches non admises ont souvent réalisé dans le passé de bonnes performances, dont les investisseurs ne peuvent par conséquent plus profiter.

Ce jugement semble donc à première vue justifié.

Oui, peut-être, mais les arguments avancés ne sont plus d’actualité. Beaucoup de choses ont changé ces dernières années. Les établissements financiers ont ainsi développé de nouvelles approches pour la gestion des fonds de placement à caractère durable. Les fonds gérés activement sont pour la plupart composés avec soin par des professionnels qui utilisent des informations sur le développement durable pour une meilleure sélection des titres. En excluant les pratiques commerciales et les secteurs d’activités controversés, on peut également réduire des risques importants qui leur sont liés tels que le risque de marché ou le risque de réputation. Les fonds à caractère durable sont ainsi en mesure de réaliser une performance qui soit au moins égale à celle des fonds traditionnels, mais pour un risque nettement plus faible. Cela explique aussi le succès croissant des placements à caractère durable auprès des investisseurs institutionnels.

« Les placements à caractère durable offrent un profil risque-rendement très intéressant. »

Un risque plus faible ?

Oui. Les placements à caractère durable offrent un profil risque-rendement très intéressant, raison pour laquelle ils sont jugés plus stables que les placements traditionnels. De nombreuses entreprises intègrent aujourd’hui déjà dans leur charte de valeur le sens des responsabilités ou le développement durable. Pourquoi ne devraient-elles pas dès lors appliquer ces valeurs à leurs placements ? En tant qu’organisation, leur intérêt financier est le même et elles pourront en outre faire avancer les choses dans la bonne direction. Tout en réduisant aussi leur propre risque de réputation.

Autant de bonnes raisons donc pour les investisseurs institutionnels d’opter pour les placements à caractère durable. Mais qu’en est-il des particuliers ?

Les motivations sont plus ou moins les mêmes, mais avec un ordre de priorité différent. Le souhait de contribuer personnellement à un avenir meilleur et de changer les choses arrive en première position. Le profil risque-rendement attractif vient en deuxième lieu. Cela ne veut toutefois pas dire que tous les investisseurs privés placent leur argent de manière durable, loin s’en faut. Mais les choses commencent vraiment à bouger.

« Les placements à caractère durable reflètent les valeurs personnelles. »

Qu’est-ce qui les en empêche ?

Je pense que l’être humain est pétri d’habitudes et qu’il a besoin de temps pour changer les choses. Investir de manière durable est aussi une démarche très personnelle qui reflète vos valeurs personnelles et demande réflexion. Hormis les placements à caractère durable, comment peut-on contribuer au développement durable ? C’est une question exigeante, mais nous devrons tous nous la poser tôt ou tard.

Souhaitez-vous effectuer des placements à caractère durable ? Bien volontiers !

Un placement qui offre un rendement élevé tout en favorisant le développement durable ? Les formules de placement à caractère durable de la BCBE vous permettent de contribuer à un avenir de qualité sur les plans économique, social et écologique.